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Striptease Emotionnel – Au carrefour entre peur, confiance et pessimisme

this way, that way

 

Vous l’aurez remarqué, les articles se sont un peu espacés ces derniers temps. Et pour cause, je suis en ce moment même en lutte avec quelques démons. Mais il fallait s’y attendre. En dépit de mes efforts pour cultiver une attitude positive et sereine, j’éprouve à nouveau quelques angoisses à l’approche de la date limite que je m’étais fixé pour cette « mini retraite » du monde professionnel.

En effet, après bientôt 6 mois, mon petit budget sabbatique – qui n’était autre que quelques économies sur un livret A – est en train de fondre comme neige au soleil. Il parait que ce serait lié aux fortes chaleurs de ces derniers temps…

Quoi qu’il en soit, les échéances mensuelles telles que le règlement du loyer, les diverses factures liées à l’habitation ou mes impôts sur les revenus de 2013, ont tendance à m’extirper violemment de mes réflexions philosophiques en me ramenant aux choses très concrètes de la vie : la nécessité de se nourrir et se loger.

A ce stade, je vous dois peut-être quelques explications sur ma situation personnelle. Je suis en couple depuis maintenant 7 ans avec une demoiselle extraordinaire, qui malgré ses propres petits soucis du quotidien, fait régulièrement contre poids face à mes angoisses.  J’en suis très reconnaissant.

Lorsque nous nous sommes installés ensembles, nous avions décidés d’un commun accord que je prendrais en charge la totalité des frais liés à l’habitation. Mon salaire à l’époque étant plus élevé que le sien, cela lui permettait d’éponger quelques dettes résiduelles d’une période un peu compliquée de sa vie.

Aujourd’hui, en plus de m’apporter son soutien psychologique, elle va devoir reprendre les commandes du navire sur le plan financier, afin de me donner un peu de souplesse d’esprit dans cette zone de turbulence à la fois matérielle et émotionnelle pour moi, mais aussi pour notre couple.

C’est d’ailleurs avec un brin d’ironie lorsque la tension monte un peu entre nous qu’elle me lance parfois : « c’est bien cela que tu voulais n’est ce pas ? Te mettre en danger. Te confronter à la peur du vide. Flirter avec la précarité.  Ben voilà, on y est alors assume ! »

Touché ! Elle a raison de me le rappeler. C’est exactement ce que je voulais ; tourner le dos à une situation qui ne me satisfaisait plus. Prendre du recul et faire le vide afin d’accueillir de nouvelles expériences, de nouvelles personnes. Et puis oui c’est vrai… j’ai eu envie de sortir un peu de ma petite routine de « jeune cadre dynamique », comme on nous appelle, afin de me confronter à une certaine réalité du monde, celle des personnes en situation de précarité.

Mais en réalité, je crois que je ne fais qu’intellectualiser à postériori une décision qui m’a paru intuitivement d’une extrême urgence. Celle de préserver ma santé physique et mentale. Car bien que je n’en parle pas beaucoup ici, je dois avouer qu’à l’époque je ressentais une douleur chronique dans le ventre et au niveau de la poitrine liée au stress de ne plus me sentir à ma place et d’être spectateur de ma vie.

C’est alors que  j’ai eu un élan. Comme poussé par une main bienveillante qui m’a accompagné vers la sortie sans que je n’eus le temps de demander mon reste. Et quel reste !! Car ces derniers temps je n’ai pourtant pas échappé au sentiment insupportable d’avoir fait une énorme connerie en m’assoyant ainsi sur des heures de DIF, la possibilité de faire financer un bilan de compétence par mon employeur et bien sur l’allocation chômage via une rupture conventionnelle. Mais ce qui est fait est fait !

Je m’aperçois ainsi d’une chose, c’est qu’au-delà du simple fait de quitter son employeur, il y a dans la démission – qui porte pour le coup incroyablement bien son nom – une forme de renoncement à tout un système qui vous fait bien sentir en retour qu’il n’y a rien pour les « démissionnaires capricieux » de votre espèce qui veulent le beurre (l’argent) et l’argent du beurre (le bonheur).

Alors effectivement d’un point de vue rationnel, on peut dire que j’ai cumulé les erreurs. Et que tout cela relève d’une forme d’amateurisme inconscient. Mais bien que je sois dans une situation sociale pour le moins délicate, je ne peux pas m’empêcher de rattacher cela à une sorte d’expérience sociologique et spirituelle.

Car je crois qu’il y a quelque chose de profondément spirituel dans ce renoncement. Mais il y a aussi et surtout une formidable occasion de tirer un enseignement de cette peur qui m’habite. Car au fond de quelle peur s’agit-il exactement ?

Et bien dans mon cas… la peur de ne pas pouvoir faire face aux dépenses quotidiennes de bases. La peur des dettes et des factures impayées. La peur que ma décision et ses conséquences ne déstabilisent l’équilibre de notre couple. La peur de lui faire du mal. La peur de ne pas y arriver. La peur d’être allé trop loin.  La peur de ne pas trouver la paix.

Pour la petite histoire, l’autre jour j’ai demandé à ma copine de me tirer les cartes de l’Oracle Gé – ce sont des cartes divinatoires (pour ceux qui y croient) qui peuvent aider dans la prise de décision – avec cette question : Est-ce que je dois reprendre un boulot dans l’informatique au mois de septembre ?

La réponse a été sans appel : Possibilité de contentieux aux prudhommes avec un risque important pour ma santé.

Le point positif c’est que cela me conforte dans ma décision d’avoir pris mes distances avec  l’informatique. Le revers de la médaille c’est qu’aujourd’hui je ne sais faire que ça pour gagner ma vie.

Ce dernier article vous paraitra sans doute confus. Au carrefour entre peur, confiance et pessimisme. Il est à l’image de mon état émotionnel actuel.
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photo credit: Lori Greig via photopin cc

 

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