Menu acceuil

Précarité, Des Fraises Et Une Leçon d’Humanité

Précarité

Lorsque du haut de mes 20 ans j’ai quitté ma Guadeloupe natale pour étudier à Paris, je me rappelle qu’une des choses m’ayant le plus surpris, c’était de voir des gens sans abri dans la rue ou faisant la manche dans le métro.

Venant d’une petite île de 450 000 habitants où le taux de chômage avoisine les 30%, je m’imaginais « qu’en France » (comme on dit là-bas) les gens vivaient décemment et que dans une ville comme Paris, la misère n’existait pas.

Et bien lorsque vous voyez plusieurs fois par jours des gens remonter les allées du métro en demandant “du travail, un ticket resto, un euro ou une cigarette”, il ne faut pas beaucoup de temps pour se demander si au fond, la misère ne serait pas moins pénible au soleil.

Au début donc j’étais très sensible à cette misère et bien qu’étant étudiant, je donnais souvent parce qu’il m’était impossible de rester indifférent à ces discours parfois culpabilisant. Et puis avec le temps, on s’arrange avec sa conscience “parce qu’après tout on ne peut pas donner à tout le monde”.

A la fin, on s’habitue à côtoyer la misère. Et puis avec un livre entre les mains et un casque sur les oreilles, il m’était plus facile d’être indifférent. Mais la dure réalité, c’est que l’indifférence tue…

L’indifférence nous tue tous un petit peu à chaque fois ; celui qui en est l’objet mais aussi celui qui, par son indifférence, manque une occasion de manifester cet élan spontané d’amour qui est en chacun de nous.

 

Des Fraises - Copyright MEK

Des Fraises – Copyright MEK

Des fraises… et une leçon d’humanité

L’autre jour dans le métro, alors que je regardais un peu amusé, une petite fille assise en face de moi manger ses fraises avec appétit, je fus saisi d’étonnement lorsque croisant mon regard, elle me dit dans un élan de générosité : « vous en voulez ? »

Quel âge pouvait-elle avoir? 5 ans… peut-être 6. Elle venait sans le savoir de me donner une leçon d’humanité.

Mais je digresse…

Depuis que j’ai pris la décision de quitter mon boulot afin de m’accorder un peu de temps pour redéfinir un certain de nombre de priorités, je suis à nouveau très sensible à la question de la place de l’Homme dans nos sociétés.

Je suis plus attentif aux rapports entre les gens dans la rue, au volant de leur voiture, dans le métro… j’écoute les conversations.

J’ai d’ailleurs décidé de ne plus me couper du monde dans les transports, en levant un peu plus la tête de mon téléphone/mon livre/ma tablette (essayez voir… je suis le type qui vous cherche du regard) et en arrêtant d’écouter de la musique.

A défaut d’avoir le courage d’engager la conversation avec l’inconnu à côté de moi, je me rends au moins disponible à un éventuel échange.

Mais surtout, j’ai de nouveau un regard compassionnel sur la situation des gens en situation de précarité. Loin de moi l’idée de comparer ma situation à la leur, mais dans mes pires moments de panique, je m’imagine plongeant dans un gouffre financier tel que la rue devient une option crédible.

Je déroule alors mon scénario:

Pas de travail => pas d’argent. Pas d’argent => plus de logement. Et plus de logement => Pas de travail. Et hop bienvenu dans le cercle vicieux de la précarité !

Bien évidemment je n’en suis pas là!

La réalité objective? J’ai des économies. J’ai une femme qui m’aime (je t’aime aussi mon cœur!). J’ai des parents qui m’aiment et qui DONC ne savent rien de tout ça. J’ai des amis de qualité. Et surtout je suis en parfaite santé physique et mentale (je crois).

J’ai donc des ressources non négligeables pour traverser cette zone de turbulence sereinement.

MERCI aussi à vous pour vos emails d’encouragement. Je vous en suis très reconnaissant!

 

 

, ,

No comments yet.

Leave a Reply

Anti-Spam Quiz:

Powered by WordPress. Designed by Woo Themes