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La Semaine De 4h Ou Le Syndrome Tim Ferriss

L’autre jour j’ai eu un échange par email avec un lecteur du blog, que je me permets de citer ici pour le bien de mon argumentaire.

En 2007, je suis tombé sur un bouquin qui m’a retourné le cerveau et ouvert le monde du développement personnel. C’était “La semaine de 4 heures” de Tim Ferriss. Si tu ne l’as pas lu, je te le conseille vivement.

C’est assez triste, mais 7 ans plus tard, je réalise que je n’ai toujours pas avancé d’un iota. Pendant toutes ces années, j’ai beaucoup lu, théorisé, tenté quelques timides expériences, mais sans jamais réussir à faire le grand saut.

Ce commentaire ne pourrait pas mieux résumer le sentiment que j’ai à l’égard de ce livre.

 

Au commencement il y a l’Amour…

Tout a d’abord comme le dit notre ami, c’est un livre qui vous retourne littéralement le cerveau. Je compare souvent l’effet qu’a ce livre, à l’effet que procure la prise de la fameuse pilule rouge dans Matrix – film qui au passage, a aussi retourné la tête de toute une génération.

C’est un livre qui vous pousse à vous questionner et à remettre en cause un certain nombre d’idées préconçues. Il offre de nouvelles perspectives sur le monde qui nous entoure et vous invite à explorer un nouveau monde où le maitre mot est LIBERTE.

Tout au long du livre – au titre on ne peut plus racoleur (avouons-le !) – Tim Ferriss s’applique à déconstruire un modèle, dont l’idéologie dominante est basée sur le sacrifice des années de notre vie où nous sommes le plus à même d’en profiter (entre 20 et 60 ans), pour finalement avoir la jouissance des 20 dernières années (la retraite) de notre existence où nous sommes le moins apte.

Avec ce livre, Tim Ferriss propose au contraire d’embrasser un mode de vie (lifestyle) où l’étalon de mesure du succès est notre capacité à acquérir de nouvelles expériences, tout en reprenant le contrôle de notre temps.

Il n’est donc pas difficile de comprendre le succès interplanétaire de ce livre. Et surtout, pourquoi il est devenu La Bible d’une génération Y avide d’espace et d’expériences, et élevée au biberon de la mondialisation où l’autre bout du monde ne se trouve qu’à un clic.

Je n’ai pas fait exception. J’ai été instantanément charmé par les sirènes de ce livre qui, en plein mandat Sarkozy – c’était l’époque du « travaillez plus pour gagner plus » –  me promettait de « travailler moins, gagner plus et vivre mieux ».

La Semaine De 4 Heures - Tim Ferriss

La Semaine De 4 Heures – Tim Ferriss

Mais comme souvent, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent !

 

…et puis il y a la frustration.

“La Semaine De 4 Heures” est un livre dopé au pragmatisme et à l’optimisme, impeccablement ficelé dans un packaging Made In USA. Secouez le tout et vous obtenez la « recette miracle » d’un Best-seller.

Pages après pages, Tim Ferriss éveille notre curiosité. Aiguise notre soif de liberté. Il nous donne à voir un monde où la technologie et internet, libèrent enfin l’homme des contraintes d’espace et de temps.

Et nous nous prenons à rêver…

En fait, la vie c’est facile comme un blog qui attire des milliers de visiteurs, tous prêts à nous acheter un produit/service – ce que Tim Ferriss appelle LA MUSE – qui va changer leur/notre vie pour le meilleur.

La Méthode ?

  1. Monter un blog/site internet
  2. Créez un produit/service (de préférence numérique) que les gens s’arrachent
  3. Automatisez la gestion du système
  4. Disparaissez et… kiffez la life !!!

Ça vous parait simple comme ça?  Et vous avez raison…

Car c’est bien ce que je reproche à ce livre. Son côté “step-by-step” simpliste très facile à lire, vous fait pousser des ailles et vous donne l’impression d’avoir découvert la poule aux œufs d’or.

Malheureusement, Tim Ferriss fait l’impasse sur l’essentiel, mais aussi le plus compliqué :

  1. COMMENT ATTIRER LE PROSPECT ? (générer du trafic)
  2. VENDRE !

Premièrement, de même que pour un magasin, la difficulté c’est de trouver une zone de chalandise. Pour un site internet, tout le défit c’est de générer du trafic et de retenir l’attention des visiteurs.

Sur internet si votre marché potentiel est effectivement très vaste, la concurrence est également à la hauteur. Et nombreux sont ceux qui rivalisent pour capter ces précieuses vues si chères aux agences de marketing.

Deuxièmement, attirer le badaud c’est bien. VENDRE c’est MIEUX !

Ce que Tim Ferriss, ne dit pas dans son ouvrage mais qui est pourtant une évidence, c’est qu’il est très difficile de convaincre quelqu’un de vous donner son argent.

Et qu’au cœur de toutes transactions/relations humaines, il y a LA CONFIANCE: Qui êtes vous ? Que vendez-vous ? Pourquoi ? Et comment ?

Voilà toutes les questions auxquelles il faudra savoir répondre avant de prétendre se faire une place au soleil… allongé dans un hamac les pieds éventails.

C’est aussi la raison pour laquelle il y a beaucoup d’aspirants et peu d’élus (tiens comme dans Matrix… vous vous souvenez ?)

 

Conclusion

“La Semaine De 4 Heures” est un livre à double tranchant, qu’il faut manipuler avec beaucoup de précaution. Sans doute à ne pas mettre entre n’importe quelles mains.

Si dans le fond, ce livre très dense de 390 pages regorge d’informations pratiques de conseils et de liens très utiles pour optimiser votre vie. La forme est néanmoins très américanisée  à des fins évidentes de marketing.

Ainsi, sans un minimum de recul vous risquez de sombrer dans la frustration en mesurant l’écart entre votre situation actuelle et celle sur laquelle vous fantasmiez tout au long de votre lecture.

Personnellement, j’ai chopé Le Syndrome Tim Ferriss il y a quelque temps, mais je me soigne… ;)

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[Lisez aussi la critique de Lyv du blog jemecasse.fr : Mon avis sur La Semaine de 4 Heures par Tim Ferriss]

 

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One Response to La Semaine De 4h Ou Le Syndrome Tim Ferriss

  1. Lyv 2 March 2014 at 21:45 #

    100% d’accord avec toi Jérôme, et merci pour la mention :-) La ‘formule’ Tim Ferris a fonctionné pour certains, et c’est un bon livre pour débloquer quelques principes qui ne sont pas toujours évidents: Par exemple, on peut créer un produit et le faire travailler pour soi. Travailler moins pour gagner plus, c’est possible, et ça se fait, MAIS, c’est au prix de beaucoup d’efforts en amont, dont le but pour moi est d’apporter le maximum de valeur aux personnes autour de soi. En se focalisant sur le résultat financier, et le jour où on pourra enfin s’échapper, on risque d’être un peu déçu (et de passer à coté de beaucoup de satisfaction non matérielle). Comme tu le dis si bien ‘A manipuler avec précaution’. Il y a de très bonnes choses à prendre, à discerner du reste.

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