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Je Suis Coincé Au Niveau 3 de la Pyramide De Maslow

Parfois je pense à ce moment, où vers l’âge de 18 ans, je me demandais ce que j’allais bien pouvoir faire après le Bac. A cette époque, je pratiquais encore la musique – la batterie et le piano.

Je me rappelle aussi que quelques-uns des camarades avec qui je faisais de la musique, planifiaient de continuer après le Bac. Certains envisageaient même d’en faire une carrière professionnelle.

C’est alors que pour la première fois je me suis retrouvé face à ce dilemme qui me hante encore par moment: poursuivre une voie artistique ou m’engager dans une carrière professionnelle plus conventionnelle?

Sauf qu’à 18 ans, vous n’êtes jamais totalement seul face à vos choix. Vous êtes constamment entouré de toutes sortes d’autorités (parents, professeurs, conseillers d’orientation, les adultes d’une manière générale…) qui vous veulent le plus grand bien et souhaitent par-dessus tout (je le dis sans ironie) vous voir réussir.

Pourquoi lutter alors contre ces forces bienveillantes dont l’unique but avoué est de vous voir heureux et épanouie?

Musicien professionnel? Hmm tu sais la vie d’artiste c’est compliqué! Et puis l’argent n’est pas régulier. Passe ton diplôme d’ingénieur. Il sera toujours temps de faire de la musique après si tu le souhaites.

C’est à peu près le conseil qu’aurait donné n’importe quel parent rationnel au sujet de l’avenir de son enfant. Car à bien des égards, le rôle primitif d’un descendant d’Homo sapiens [un parent] est de s’assurer que sa progéniture sera en mesure de survivre après sa mort.

Comment? En lui donnant les outils nécessaires [faire des études] pour apprendre à chasser [pour avoir un travail bien rémunéré] le gibier [et être capable de nourrir sa famille] et dormir au chaud en se protégeant de la pluie [et s’acheter une belle maison avec jardin].

Travailler-manger-dormir, cela devait sans doute suffire à nos ancêtres il y a quelques millions d’années. Mais depuis, Maslow et sa pyramide sont passés par là…

L’espèce humaine souffre maintenant d’un mal caractérisé par une quête perpétuelle de satisfaction d’un besoin supérieur: la recherche du bonheur.

Ainsi de façon quasi instinctive, nos parents concentrent l’essentiel de leurs efforts à essayer de nous rendre heureux en nous aidant à accomplir les 3 premiers niveaux de cette pyramide :

(1) En nous donnant la nourriture (besoin physiologique) nécessaire à notre développement. «Mange ta soupe!»

(2) En nous protégeant (besoin de sécurité) des dangers du monde qui nous entoure. «Maman a dit non… ne mets pas tes doigts dans la prise!»

(3) En nous aimant (besoin d’appartenance et d’amour) d’un amour inconditionnel. «Papa, Maman, je ne suis pas allé en cours aujourd’hui.» «Ce n’est pas grave mon chéri… tu t’es bien amusé au moins?»

Cet amour, couplé au désir de nous voir à l’abri financièrement – désir qui rejoint d’ailleurs notre aspiration à l’indépendance – nous pousse en retour à leur donner le change. Nous considérons qu’il est de notre devoir d’enfant de les rassurer quant à notre avenir et notre capacité à voler de nos propres ailes.

 

Des ses propres ailes - Copyright MEK

Des ses propres ailes – Copyright MEK

 

A mesure que j’écris ces lignes, je réalise comment il est facile de se laisser prendre au piège de cette spirale affective engendrée par la relation parent-enfant.

Je comprends aussi pourquoi nous sommes souvent plus enclin à nous orienter vers une carrière conventionnelle supposée plus sécurisante qu’une carrière artistique; nous le faisons au nom de l’amour pour nos proches, par instinct de survie… et un peu par peur de l’inconnu.

Oui j’aime la musique! Mais j’avoue que la perspective d’en faire ma profession est quelque chose qui m’a effrayé à l’époque.

Avec le recul, je crois qu’il m’a paru plus facile et rassurant de suivre les conseils avisés des adultes, c’est à dire choisir une orientation en fonction des débouchés professionnels. Mais ne vous y méprenez pas, je ne le regrette pas.

Ce que je n’avais pas prévu en revanche, c’est qu’avec ce raisonnement, j’allais finir avec un travail aux allures alimentaires (revenus réguliers qui payent les factures) qui ne me permettrait pas de satisfaire les besoins – une partie seulement de privilégiés parvient à satisfaire ces besoins – de niveaux 4 et 5 (reconnaissance/réalisation de soi) de la pyramide des besoins de Maslow.

Je me retrouve donc à 31 ans, coincé au niveau 3 de la Pyramide de Maslow.

Mais pas de panique! J’arriverai un jour au sommet…

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Travail-passion vs Travail alimentaire: où en êtes-vous dans votre Pyramide de Maslow?

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