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Incendie ou Minimalisme Forcé

Mardi 26 juillet 2011, 22h30, je trinquais à la nouvelle vie d’un ami, pendant que mon appartement brûlait…

Kenny, un ami de longue date, avait décidé de changer d’air. Il était passé en mode retour-au-pays-natal. C’est le genre d’opportunité qu’on ne laisse pas passer. Il allait enfin pouvoir se confronter à sa première expérience professionnelle en Guadeloupe, et je me réjouissais pour lui.

Nous étions à la veille de son départ, alors il fallait marquer le coup. Juste se dire au revoir et à bientôt le temps d’un dîner dans un bistrot parisien.

Comme le temps a passé vite! Dix ans déjà! L’heure était venue pour lui de quitter Paris et pour moi… de rentrer à la maison. Il se faisait tard. Nous buvions donc un dernier verre, offert par la patronne, avant de lui souhaiter bon vent et bon vol direction les Antilles.

Un coup d’œil sur l’heure… minuit déjà! Minuit et un bon paquet d’appels en absence plus tard, j’étais moi aussi sans le savoir, en train d’écrire une nouvelle page de ma vie. Et la nouvelle allait venir du répondeur :

Commissariat de Nanterre bonsoir… il y a eu le feu à votre appartement. Merci de nous rappeler de toute urgence!

Il y a de ces choses que l’on s’imagine n’arriver qu’aux autres. Celle là en fait partie.

 

Difé kont Wonm par MEK

Difé kont Wonm – Copyright MEK

 

Ma femme est en train de finir son verre. Elle a encore le sourire. Et me voilà devenu malgré moi celui qui mettra un terme à cette euphorie. Plus de temps à perdre. Je lui annonce la nouvelle aussi froidement que cet agent de police sur mon répondeur. Je ne suis déjà plus tout à fait moi-même je crois. A cet instant précis, un compte à rebours s’enclenche dans ma tête et milles questions fusent : “Qu’est ce qui s’est passé? Qu’est-ce-qu’on a oublié? Le fer à repasser, la cuisinière… ? Et si nous n’étions pas sortis ce soir? Et si ce n’était pas chez nous? Et si… Et si…”

Sur le trajet qui mène à la maison on se rassure comme on peut. Je conduis un peu vite et le périphérique me parait interminable. Je conduis trop vite en réalité, car il n’y a plus rien à faire. Au moment où nous arrivons sur les lieux, le feu est déjà éteint, les pompiers déjà partis, et nos affaires parties en fumée. “Adieu veau, vache, cochon…” Nous venions en un instant de basculer dans la précarité avec tout à coup la conscience d’être vulnérables.

Eh oui! Nous étions bel et bien vulnérables, humains et mortels. Cet épisode aura eu pour conséquence de remettre les pendules à l’heure. Le moment était sans doute venu pour moi de faire le tri dans ma vie et de reconsidérer ce qui est important et ce qui l’est moins.

A commencer par toutes ces choses matérielles que l’on possède et qui finissent elles-mêmes par nous posséder. On les accumule au cours du temps en se disant qu’elles serviront un jour peut-être. On les conserve précieusement parce que leur présence nous rassure. Et puis on en achète d’autres, encore et encore, parce-que… ben parce-que…  “J’achète donc je suis!”

Mais certains diront: “Acheter pour exister? Pfff n’importe quoi! Si j’achète toutes ces choses c’est uniquement parce que j’en ai besoin!” Oui mais voilà, précisément parce-que nous avons besoin de toutes ces choses, nous finissons par en dépendre. Alors évidemment cela nous coûte de les perdre. Cela nous coûte financièrement, mais aussi et surtout psychologiquement. Car inconsciemment notre patrimoine matériel devient une partie de nous-mêmes. Il nous défini socialement et raconte un peu notre histoire.

Mais comme souvent la vérité est ailleurs. Il est évident que nous ne pouvons pas réduire notre existence à l’accumulation de biens. À la suite de cet incendie je me suis beaucoup interrogé sur ce sentiment de désarroi que l’on éprouve face à la perte de ses effets personnels. Pourquoi chaque objet retrouvé dans les débris s’accompagne d’un petit pincement au cœur ? Qu’a-ton vraiment perdu ?

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Qu’est ce que le Minimalisme?

J’ai depuis cet incendie, découvert l’existence d’un mouvement minimaliste né aux États-Unis qui s’est étendu au reste du monde probablement en réaction aux effets de la crise financière. La philosophie minimaliste consiste à réduire ses possessions matérielles au minimum fonctionnel et à reconsidérer l’expérience humaine comme véritable (unique) source d’enrichissement personnel. Si cela vous intéresse, vous trouverez une définition plus complète sur le blog de Florence Guernalec consacré au mouvement minimaliste en France.

En réalité vous n’êtes jamais aussi libre que lorsque vous ne possédez que le minimum – observez comment chaque déménagement se transforme en chemin de croix, tant ces objets qui nous entourent, occupent une charge physique et émotionnelle importante –  vous êtes libre car vous ne vivez plus dans la crainte de la perte. Et puis vous échappez à ce cercle vicieux qui consiste à travailler plus pour acheter plus. Les minimalistes résument cela en une phrase : « less is more »

Mon but ici n’est pas de vous convertir au minimalisme (je ne le suis pas moi même) – surtout si cela devait se traduire par un fort sentiment de frustration totalement contreproductif – mais plutôt d’engager une réflexion sur l’idée que faire le vide/ménage dans son environnement peut aider à mettre de l’ordre dans ses idées.

J’envisage donc de désencombrer ma cave et mon salon afin d’y voir plus clair dans ma tête.

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Avez-vous déjà envisagé de faire le vide dans votre maison afin de mettre de l’ordre dans votre tête?

Quel rapport entretenez-vous avec les objets qui vous entourent?

Et si vous deviez tout perdre demain?

 

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